Gond Pontouvre – Les yeux bleus

Le bleu des yeux de l’un: couleur Méditerranée, cette mer qu’il adorait mais dont il regretta tant de n’avoir pu en faire le tour. Le bleu des yeux de l’autre: couleur d’un regard tourmenté devenant aussi sombre que flamboyant pour allumer le feu.
L’un et l’autre,  dans un registre différent, ont apporté à plusieurs générations un plaisir culturel: littéraire et  musical. L’un  et l’autre étaient populaires. A vingt quatre heures d’intervalle leur destin s’est noué dans la mort. Jean D’Ormesson l’académicien y a devancé Johnny Hallyday le rocker. Comme Johnny, Jean avait une voix dont la  tessiture allait du grave à l’aigu. Autant de faculté pour subjuguer un auditoire. L’académicien le premier à recevoir la première femme sous la Coupole: Marguerite Yourcenar et plus tard Simone Veil qu’il salua avec cette élégance innée « Madame »... Madame Veil, qui en avait pourtant vu d’autres, eut alors, du mal à contenir son émotion. Le rocker lui, enchantera, émouvra trois générations d’admirateurs bouleversés par son « Requiem pour un fou » Il ne se ressemblaient pas. Mais ils avaient un point commun: être les interprètes d’une culture française qu’on aime bien
Leurs yeux bleus se sont fermés pour toujours.

Texte Gérald Lame

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